Dialogue entre les PME et leurs parties prenantes : les autorités publiques locales ont-elles un rôle à jouer?

Dialogue entre les PME et leurs parties prenantes : les autorités publiques locales ont-elles un rôle à jouer?

Comment les PME peuvent-elles organiser un dialogue avec l'ensemble de leurs parties prenantes ?
Andre Sobczak October 25, 2012
Tout en s’engageant de plus en plus dans des démarches visant à améliorer leur performance sociale et environnementale, les PME ont souvent des difficultés à organiser un dialogue avec l’ensemble de leurs parties prenantes.

Si leur taille réduite semble rendre plus simples les échanges réguliers avec les propriétaires et les salariés, elle constitue plutôt un obstacle à la mise en place d’un dialogue avec des parties prenantes plus éloignées, comme les syndicats, les ONG ou les pouvoirs publics. D’une part, les dirigeants de PME, même s’ils sont engagés dans la RSE, manquent de temps pour solliciter l’ensemble de leurs parties prenantes. D’autre part, certaines parties prenantes préfèrent concentrer leurs efforts sur des grandes entreprises dont l’impact social et environnemental est plus important, et ne répondent donc pas toujours aux sollicitations des PME souhaitant dialoguer avec elles.

Pour autant, le dialogue avec l’ensemble des catégories de parties prenantes est un élément essentiel d’une démarche de RSE. Il renforce la légitimité de la stratégie définie et favorise sa mise en œuvre par des actions concrètes, en s’appuyant sur l’expertise des différentes parties prenantes.

Plus qu’une simple exigence de transparence, le dialogue avec les parties prenantes constitue ainsi un stimulateur du processus d’apprentissage organisationnel pour la RSE dont il serait dommage de priver les PME. 

“Plus qu’une simple exigence de transparence, le dialogue avec les parties prenantes constitue un stimulateur du processus d’apprentissage organisationnel pour la RSE dont il serait dommage de priver les PME.”

Le rôle autorités publiques locales dans l’initiation d’un dialogue : le cas d’une ville française

La Ville de Saint Herblain (France) a décidé en 2011 de mettre en place une Charte de Responsabilité Globale des Entreprises afin de créer un espace de dialogue entre les entreprises locales volontaires et les principales parties prenantes du territoire. Élaborée avec les représentants de différentes catégories de parties prenantes (p. ex. une organisation syndicale, la chambre régionale de l’économie sociale et solidaire, une association de dirigeants engagés dans la RSE), la charte a été validée par le conseil municipal en octobre 2011 et a été signée par plus de 30 entreprises à la fin du mois d’août 2012, principalement des PME.

Chaque année, les dirigeants des entreprises signataires s’engagent à élaborer un plan d’action de RSE contenant au moins une action sur chacun des trois champs couverts par la charte (la dimension sociale interne, la dimension environnementale et la dimension territoriale) et à le présenter à un comité de parties prenantes externes mis en place par la ville. Le comité peut commenter ce plan d’action et encourager les cadres à être plus ambitieux, tout en leur apportant des conseils sur la manière de mettre en place leur plan d’action et les informer sur les différentes initiatives et ressources disponibles sur le territoire. À la fin de l’année, les dirigeants présentent au comité les résultats obtenus ainsi que leur nouveau plan d’action. Si le comité valide la conformité des engagements pris, la collectivité et l’entreprise peuvent alors communiquer sur la participation à la charte auprès des différentes parties prenantes.

L’initiative de la Ville de Saint Herblain illustre le rôle que les autorités publiques locales peuvent jouer dans le développement des démarches de RSE des PME et plus précisément dans l’organisation du dialogue avec les parties prenantes externes. En l’accompagnant dans le cadre d’une recherche-action, l’Institut pour la Responsabilité Globale et l’Entrepreneuriat d’Audencia Nantes École de Management vise à analyser l’effet à long terme de ce dialogue territorial sur les pratiques des PME et à inciter d’autres autorités publiques locales en France et dans d’autres pays à s’en inspirer. 

À propos de l'auteur

Dr André Sobczak est directeur de la recherche à Audencia Nantes École de Management et directeur de l'Institut pour la Responsabilité Globale et l’Entrepreneuriat dont la mission est de promouvoir un management conciliant l'engagement social, la protection de l'environnement et la performance économique. Il est également titulaire de la Chaire sur la responsabilité globale dans les PME qui vise à de développer et de diffuser les connaissances sur le management du développement durable et de la responsabilité sociale dans les petites et moyennes entreprises.

Suivez le blogue personnel d’André Sobczak afin d’être informé(e) des dernières recherches, des actions et des idées développées par l’Institut pour la Responsabilité Globale et l’Entrepreneuriat.

Plus de ressources sur l’engagement des parties prenantes