Engager le public dans le développement durable à travers le dialogue civique : une conversation avec Tom Webler

S'informer sur le dialogue civique
REDD October 23, 2017
En tant qu'ingénieur électrique, Tom Webler a toujours su comment les matériaux répondraient à certaines conditions.

Lorsqu’il est passé à l'étude des problèmes sociaux, il a constaté que les êtres humains sont un sujet plus complexe. « Ils sont imprévisibles; pas comme un transistor ou une diode», dit-il en riant.

Dr. Webler, sociologue, a consacré sa carrière à la recherche de moyens d’impliquer les citoyens aux décisions de politique publique. Cette année, il conseille le REDD sur son projet de «dialogue civique», conversations publiques visant à renforcer la compréhension et à procurer l’acceptabilité sociale nécessaire à l'action.

Identifier les défis du développement durable grâce à l'engagement civique

Lors de la réunion annuelle du Conseil des leaders du REDD en Septembre 2012, celui-ci a demandé : «Comment les entreprises peuvent-elles aider les Canadiennes et Canadiens à s'informer, inspirer et engager un dialogue national sur le développement durable? ». (Lire le rapport complet sur les 10 défis du développement durable pour les entreprises canadiennes en 2013.)

«Le Canada a réussi à faire du recyclage une norme admise dans tous les foyers dès la fin des années 1990 », a déclaré Debbie Baxter de LoyaltyOne, membre du Conseil des leaders. «Quels sont les outils que nous pouvons utiliser et les dirigeants que nous pouvons engager pour insuffler l'engagement des gens envers les déplacements à vélo, le covoiturage ou la consommation responsable? »

Dr. Webler aide le REDD à développer les ressources qui permettront aux entreprises d’y arriver. La publication d’un document d'information et la tenue d’un forum fourniront des conseils sur la façon dont les entreprises peuvent s'engager dans des dialogues civiques à grande échelle pour promouvoir le développement durable.

Comment le dialogue civique stimule l’action

Le dialogue civique engendre la compréhension et permet d'agir. La compréhension passe par l'éducation et la « perspective » - la capacité à comprendre les croyances des autres. Elle établit par ailleurs la base nécessaire pour l’action, qui peut prendre différentes formes: partenariats multipartites, mouvements sociaux ou l’implication du public dans l’élaboration des politiques.

«Ces dialogues produisent une vision partagée qui facilite la coordination à un niveau beaucoup plus important», dit Webler. Par exemple, Unilever en partenariat avec le WWF ont établi le Marine Stewardship Council, qui certifie les pratiques de pêche durable. Les dialogues néerlandais sur les objectifs de la politique environnementale ont établi des normes réglementaires pour l'ensemble du pays. Les dialogues peuvent également mettre l'accent au niveau régional et local: par exemple, le Alberta Climate Dialogue.

Les entreprises peuvent participer ou faciliter le dialogue civique. L’entreprise privée apporte une perspective et une expérience précieuses au dialogue. Les entreprises peuvent aussi fournir les ressources nécessaires pour faire fonctionner un dialogue. Par ailleurs, de nombreuses organisations ont l'expertise nécessaire pour mener les dialogues: par exemple, la Communauté canadienne pour le dialogue et la délibération et les questions National Issues Forum (US). En s’associant à de telles organisations, les entreprises peuvent obtenir un impact plus large.

« On ne peut vraiment engendrer le développement durable sans changer la société civile», dit Webler. « La seule façon de produire ce changement dans une société démocratique est de changer la compréhension du public. Vous pouvez accomplir une partie du travail par les processus réglementaires ou les accords volontaires. Vous aurez toutefois besoin de l’appui de la société afin de développer une vision et direction collective. »

À propos de l'auteur

Dr. Webler possède une vaste expérience du dialogue civique et de l'engagement du public. Il est basé à l'Institut de Recherche sociale et environnementale dans le Massachusetts. Sa recherche vise à rassembler les acteurs locaux et les experts  et trouver des moyens démocratiques et collaboratifs de produire des solutions innovantes à des problèmes de gestion de l'environnement et de prise de décision risquée. Il a beaucoup publié et a agi à titre d’expert sur le comité du US National Research Council committee qui a écrit le livre Understanding Risk: Informing Decisions in a Democratic Society.

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