Comment aider les travailleurs à prospérer pendant la transition verte

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La transition vers des économies plus écologiques pourrait s’avérer difficile pour les travailleurs. Le Danemark et le Canada montrent comment aider les travailleurs et les entreprises à prospérer en cette période de changement.

La pression pour agir sur le climat s’intensifie. Toutefois, certains ont tout à gagner ou à perdre au changement alors que certaines industries se contractent tandis que d’autres se développent.

Que signifient ces changements pour les travailleurs et les entreprises, et comment peut-on les soutenir au long de la transition vers une économie plus écologique? La réponse peut varier d’une région à l’autre.

Le REDD s’est adressé à des experts du Danemark et du Canada pour discuter des expériences des travailleurs et des entreprises de leurs régions et de ce qu’ils ont appris pour faciliter la transition.

Peter Karnøe est professeur de planification à l’Université d’Aalborg au Danemark. Le Danemark est connu pour son leadership en matière de développement durable. Il a étudié l’étonnant succès de l’énergie éolienne et dirigé un projet multisectoriel ayant pour mandat d’étudier le passage du pays aux énergies renouvelables.

Lyn Brown est vice-présidente aux communications et au marketing chez Alberta Innovates. Alberta Innovates est une entreprise provinciale canadienne qui se consacre à l’innovation, à la recherche et à l’entrepreneuriat dans les secteurs traditionnels de l’économie albertaine ainsi que dans les technologies émergentes et transformatrices dans de nouveaux secteurs.

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Points saillants de la discussion

Peter Brown et Lyn Karnoe ont donné les mêmes conseils aux gestionnaires pour guider leurs employés en cette période de changement. Les gestionnaires doivent impliquer les travailleurs pour les amener à participer et s’inspirer de leurs idées.

Ils ont également décrit des pays à différentes étapes du parcours vers le développement durable et tracé différentes voies pour l’avenir. Ils ont partagé leurs points de vue sur la portée, le calendrier et les stratégies propices à la transition climatique.

Les commentaires ont été édités.

Comment les gestionnaires peuvent soutenir les employés

Lyn Brown : Faites savoir aux employés qu’ils ont une place dans l’avenir, qu’ils peuvent contribuer à le façonner avec leurs idées précieuses. Tout le monde, de la haute direction aux chefs d’équipe de première ligne, peut cultiver un environnement axé sur l’apprentissage pour aider à améliorer ses compétences, à se former à plusieurs niveaux et à repérer de nouvelles occasions et de nouveaux besoins. D’après mon expérience, la résistance au changement découle souvent de la peur. C’est pourquoi vous devez inviter vos employés à partager leurs perspectives et leur sagesse, leur talent et leur expérience. Faites-le tôt et souvent. Obtenez leur adhésion lorsque vous devez mettre en œuvre des changements systémiques importants. Un employé est un consommateur à la maison et un électeur aux urnes. Cela constitue un trio gagnant lorsque les gens se sentent vraiment impliqués.

Le partage des connaissances – autant dans les domaines des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques que des arts et des sciences humaines – suscite l’intérêt des gens quant au rôle qu’ils peuvent jouer dans l’avancement de leur entreprise, de leur fonction et de leur domaine d’activité. Nous devons rapprocher les spécialisations pour rendre la science accessible à ceux d’entre nous qui ne sont pas des experts dans un domaine donné.

Peter Karnoe : Oui, je pense aussi que l’on néglige très souvent l’engagement et les talents des travailleurs et ce qu’ils peuvent accomplir lorsqu’on les y autorise. Cependant, le leadership danois dans le domaine de l’énergie éolienne permet de construire un tel esprit d’entreprise en impliquant la main-d’œuvre dans un effort collectif qui inclut également les ONG et une réglementation politique à l’appui des nouvelles technologies.

L’histoire du Danemark : la transition écologique soutient un essor sociétal

Peter Karnoe explique :

Les éoliennes stimulent l’économie danoise

J’ai étudié l’industrie danoise des éoliennes à partir de la fin des années 70, puis son développement dans les années 80, quand la majorité des acteurs de la société considéraient qu’il s’agissait d’un projet insensé. Aujourd’hui, elle est considérée comme le principal moteur de notre société en termes d’apport d’énergie verte et de création de nombreux emplois. L’énergie éolienne représente environ 30 000 emplois au Danemark, sur une population de 5,7 millions d’habitants, ainsi que de nombreux emplois dans le monde entier dans les chaînes de valeur contrôlées par le Danemark.

Les travailleurs danois bénéficient d’un soutien solide pendant la transition du marché

Au Danemark, nous avons ce modèle du marché du travail fondé sur la « flexicurité », négocié depuis de nombreuses décennies entre les propriétaires d’entreprises, les syndicats et l’État. Ainsi, vous recevez un salaire minimum élevé lorsque vous travaillez et des prestations sociales élevées lorsque vous êtes au chômage. Notre modèle de marché du travail comprend également la reconversion, un investissement éducatif dans la reconversion des travailleurs, qui est payé en partie par l’État, en partie par les syndicats et en partie par l’industrie.

Certes, nous n’avons pas encore trouvé la clé pour nous assurer qu’un travailleur donné aura un nouvel emploi donné. Donc, dans l’ensemble, le système fonctionne, mais il va sans dire que le changement occasionnera toujours un malaise sur le plan individuel.

La redistribution financière adoucit la transition écologique du Danemark

Prendre des mesures pour lutter contre les changements climatiques peut entraîner une augmentation des coûts, par exemple de l’énergie et des produits. Personne ne veut d’une situation comme en France où les gens manifestent dans les rues pour protester contre une taxe sur l’essence. Le Danemark a introduit une « compensation fiscale verte » qui, au cours des cinq dernières années, a permis de rembourser aux personnes à faible revenu une partie des revenus de l’État provenant des nouvelles taxes sur l’énergie. Le gouvernement et le secteur financier considèrent cette mesure comme un modèle de la manière d’imposer un prix plus élevé sur les émissions de CO2 et les dommages environnementaux, et d’aider ensuite certaines familles et personnes à faible revenu à maintenir un niveau de vie décent.

Dans la phase où nous sommes au Danemark, la transition verte suscite très peu de résistance ou d’inquiétude. Le secteur de l’énergie, l’industrie et le gouvernement sont d’accord : nous pouvons y arriver. Par exemple, l’Association de l’industrie danoise vient de présenter son propre plan climatique pour accélérer les changements de politique. (Soit modifier les taxes, les subventions, les règles et la réglementation sur les marchés existants afin de stimuler la recherche et le développement de nouvelles technologies propres et les débouchés commerciaux. Cette même approche du « bâton et de la carotte » a en fait favorisé les premières technologies de la Silicon Valley ainsi que les secteurs du pétrole, du gaz et de l’énergie nucléaire aux États-Unis).

Seuls les syndicats ne sont pas pleinement engagés à l’égard d’un plan climatique national, ce qui est intéressant. Mais le gouvernement s’efforce, au nom des syndicats, de mettre au point un modèle de partage des coûts.

Les prochaines étapes de la transition écologique se concentrent sur les combustibles électriques

Au Danemark, l’énergie éolienne génère déjà environ 50 % de la consommation d’électricité du pays. La question la plus brûlante est de savoir comment utiliser l’électricité éolienne en dehors du secteur de l’électricité, pour remplacer les combustibles fossiles dans le secteur des transports. Ce projet est appelé « électrocarburants » ou « énergie-vers-X » (Power-to-X). Techniquement, vous faites fonctionner une turbine éolienne qui produit de l’électricité, vous utilisez l’électricité dans un électrolyseur qui produit de l’hydrogène et de l’oxygène à partir de l’eau. Vous ajoutez ensuite de l’hydrogène dans un processus chimique et vous obtenez des combustibles liquides : ammoniaque, méthanol et méthane. L’ammoniaque a un contenu énergétique deux fois moins élevé que les combustibles fossiles et peut brûler dans les grands navires et remplacer le combustible de soute.

Au Danemark, nous avons un fabricant de moteurs de navires qui est un chef de file mondial. Et nous avons également A.P. Møller-Maersk, la plus grande flotte de conteneurs au monde. Et les deux ont tout intérêt à devenir verts. C’est pourquoi les acteurs de l’industrie de l’énergie éolienne, des moteurs de navires, des électrolyseurs et des exploitants de conteneurs négocient activement pour soutenir un réseau qui, avec l’appui de certaines politiques publiques, pourra jeter les bases de la nouvelle chaîne de valeur des électrocarburants.

Telles sont les grandes étapes de la transition danoise pour les cinq à dix prochaines années. Le délai est serré en raison de l’urgence climatique. Il faut du temps pour développer et déployer les électrocarburants; nous devons commencer dès maintenant pour avoir un résultat qui puisse être mis à l’échelle à partir de 2030.

Ces changements ne doivent pas entraîner le déplacement de travailleurs

La société de transport par conteneurs continuera d’exploiter ses navires avec le même nombre d’employés. Les producteurs d’électrolyseurs pourront augmenter leur production, car le marché sera en pleine expansion. Le fabricant de moteurs de navires à combustion concevra et produira de nouveaux types de moteurs fonctionnant à l’ammoniaque.

Un système de transport fonctionnant aux électrocarburants nécessite une mise à l’échelle drastique de l’énergie éolienne. Nous devrons investir considérablement, surtout dans les éoliennes en mer, ce qui créera beaucoup de travail pour la main-d’œuvre des entreprises de turbines éoliennes et du secteur de la construction.

Alors que nous nous engagions à accélérer le changement, les syndicats ont déclaré : « Nous devons protéger les emplois ». Mais ce que je constate, c’est que les entreprises en transition créent de nouveaux emplois tout en maintenant les emplois existants.

L’industrie soutient la transition

L’industrie soutient le changement parce que les politiques gouvernementales modifient la réglementation et donc la conjoncture du marché, qui offre aux entreprises danoises la possibilité de développer de nouveaux bastions avant-gardistes qui peuvent l’amener à devenir des chefs de file internationaux comme pour l’énergie éolienne.

En tant que pays, nous avons été surpris de voir comment le Danemark est devenu le chef de file mondial du marché des éoliennes dans les années 80. Cette prise de conscience de notre réussite et des moyens employés est maintenant utilisée comme modèle. « Eh bien, nous pouvons peut-être réussir de nouveau en étant parmi les premiers à se lancer dans les électrocarburants. » Car très peu d’autres pays disposent d’une telle quantité d’énergie éolienne et ont pris ce genre d’engagement politique de réduire les émissions.

Le gouvernement dicte nos actions

En Scandinavie, nous ne croyons pas que le marché puisse trouver seul une voie vers l’avenir, car les marchés sont imparfaits. Les désutilités comme les émissions de CO2 et les changements climatiques sont soit négligées par les acteurs du marché parce qu’ils n’ont pas de prix, soit ce sont les citoyens qui en paient le prix, ce qui engendre des conflits sociaux.

Par conséquent, comme le montre l’énergie éolienne, l’élaboration de politiques novatrices adaptées aux nouvelles conditions du marché aide les industries à envisager l’avenir. Et cela ne nous fait pas peur en Europe. Même ailleurs – l’Amérique du Nord s’est appuyée sur un État fort pour sauver le secteur financier après la crise de 2008, comme aujourd’hui dans le contexte de la pandémie actuelle.

Le cas du Danemark est peut-être inhabituel parce que c’est un petit pays, bien organisé, etc. Mais ses réalisations en termes d’énergie éolienne et de transition du système énergétique a attiré l’attention de nombreuses personnes sur la scène internationale.

Au Danemark, au cours des 30 à 40 dernières années, ce qui était initialement considéré comme une proposition étrange d’augmenter l’énergie éolienne, l’efficacité énergétique et les électrocarburants, s’est progressivement imposé comme la « nouvelle norme » dans les débats sur le changement climatique. La base – les citoyens et de nombreux chercheurs – ont poussé les entreprises et les décideurs politiques à opter pour l’énergie éolienne. Mais il faut aussi rendre hommage à ceux qui se sont opposés aux transitions car leurs contre-arguments ont permis d’améliorer la réflexion et les technologies. Les discussions et les expériences locales ont graduellement convergé pour se renforcer mutuellement.

Après toutes ces années à parler de ces questions de transition et d’efficacité énergétique, les autres ne font que commencer. Lorsque je rencontre des gens d’autres pays, je me demande souvent : « Que s’est-il passé dans votre pays au cours des 30 dernières années? » La transition danoise semble plus facile grâce à notre modèle de marché du travail de la « flexicurité ». C’est une façon pour la société, soutenue par un État actif qui crée des débouchés commerciaux, d’avancer de manière productive, les travailleurs étant au cœur de cette transition.

L’histoire du Canada : la transition risque de laisser des travailleurs pour compte

Lyn Brown explique :

L’économie du Canada repose sur les ressources naturelles, comme l’illustre si bien l’Alberta

Dans ma province de l’Alberta, l’industrie pétrolière a défini l’économie pendant plus d’un demi-siècle. En 2018, les produits pétroliers représentaient plus de 70 % des exportations de la province (compte non tenu des services). L’agriculture, l’industrie manufacturière, la technologie artificielle et la santé numérique constituent également des secteurs clés. Cependant, les Albertains sont fiers de l’accent mis par la région sur le pétrole et le gaz, qui a procuré de bons emplois, financé le développement technologique et généré l’excellence en matière de recherche.

La transition verte inquiète les travailleurs

La pandémie actuelle de COVID-19 s’ajoutant aux perturbations du marché mondial auxquelles est confrontée l’industrie, des milliers de travailleurs employés directement par l’industrie pétrolière et dans de petites entreprises dépendantes de celle-ci se montrent inquiets.

J’ai eu l’occasion de constater, au cours des dix dernières années dans le secteur de la foresterie côtière de la Colombie-Britannique, l’inquiétude suscitée par les changements climatiques ou d’autres considérations liées au développement durable qui mettent en danger les industries et les moyens de subsistance des gens. Pour certains travailleurs, cette transition d’une économie connue à une économie émergente constitue un voyage effrayant, car elle les contraint à se déplacer. Ceux qui ont consacré leur vie à des secteurs de la société menacés ont aussi le sentiment d’être mis au rebut, les grands efforts n’étant jamais reconnus par les critiques.

Lorsque les décideurs considèrent que certaines compétences ne sont plus pertinentes, le message qu’ils envoient aux gens est : « Vous n’êtes plus pertinent ». Et je pense que cette approche établit des lignes de démarcation qui favorisent les attitudes défensives plutôt que le dialogue.

Le stress est source de polarisation

Ainsi, comme je l’ai observé, la réaction tend à polariser le débat. C’est une délibération à somme nulle où des entreprises ou des secteurs établis sont déplacés, perturbés par la nouveauté. Ayant travaillé dans le secteur des pâtes et papiers et autres, j’ai pu constater à quel point il existe un terrain d’entente et à quel point il reste à l’écart de la discussion. Tout le monde peut convenir que l’air pur, l’eau potable, la biodiversité, des quartiers sûrs, un accès abordable à des soins de santé de qualité et un travail bien fait constituent des objectifs souhaitables.

Les industries existantes ne doivent pas être délaissées

Ce qui fonctionne au Danemark ne s’applique pas nécessairement à un pays de 38 millions d’habitants où une région détient une concentration de ressources en bitume [combustible fossile]. Dans un pays riche en ressources, comme le Canada, les combustibles fossiles feront partie de l’équation, du moins dans un avenir prévisible.

Faut-il trouver de meilleures solutions, réduire les émissions? Absolument. Et je pense que si vous parlez à n’importe quel membre de l’industrie pétrolière, il vous dira qu’il a développé de meilleurs procédés et technologies au cours des 30 dernières années. Ce secteur fait montre d’intrapreneuriat et d’innovation et compte des industriels verts au même titre que les universités ou les entreprises d’énergie renouvelable. 

Si nous incluons les acteurs établis et reconnaissons l’intrapreneuriat qui rend ces secteurs plus durables, alors nous obtenons également l’adhésion des personnes qui travaillent dans cette chaîne d’approvisionnement.

Ainsi, la combustion n’est peut-être pas le meilleur usage que nous puissions faire du bitume. Peut-être qu’il devrait être converti en fibre de carbone et en d’autres matériaux qui pourraient soutenir ces nouvelles sources d’énergie, telles que la construction d’éoliennes et d’autres éléments d’infrastructure physique. Nos équipes responsables de la recherche appliquée et des ressources propres se consacrent à des développements qui tiennent compte de l’emploi et de l’environnement.

Concilier les secteurs traditionnels avec les technologies émergentes

L’Alberta compte l’une des plus importantes équipes mondiales en matière d’intelligence artificielle. L’intelligence artificielle est une arène technologique émergente qui transforme tous les autres secteurs, de l’industrie minière et énergétique à l’agriculture.

En Alberta, nous utilisons l’intelligence artificielle pour améliorer l’efficacité des systèmes de transport ferroviaire et routier, pour pouvoir acheminer les produits de leur lieu de fabrication à leur lieu de consommation de manière à réduire l’impact sur l’environnement récepteur. Elle est également mise au service des pratiques agricoles. Le Réseau canadien d’automatisation et d’intelligence artificielle de l’agroalimentaire met en place une plateforme de fermes intelligentes à l’aide de capteurs de sol et de la robotique.

L’intelligence artificielle, l’agriculture intelligente et le bitume utilisé à des fins autres que la combustion sont tous des secteurs et des capacités uniques à l’Alberta et au Canada. Ces solutions peuvent aider les gens à passer de la peur, où ils voient leurs moyens de subsistance être délaissés, à la croyance qu’ils font partie de l’avenir. Nous pouvons marier les secteurs traditionnels avec les technologies émergentes et les sciences sociales et humaines pour créer de nouvelles occasions et un changement transformateur qui ne laisse personne pour compte.

Le changement peut prendre du temps

Je comprends le sentiment d’urgence et la nécessité d’agir maintenant. Mais nous pouvons embrasser le progrès tout en visant la perfection. Parfois, les débats sur les changements climatiques ou les énergies renouvelables se focalisent sur la perfection et négligent les personnes qui se concentrent sur l’amélioration itérative du système actuel.

Le dialogue peut surmonter la polarisation

Je pense qu’il existe plus de points communs que ne le laissent penser les titres provocateurs des médias et les extraits sonores qui attirent l’attention, comme en atteste la communauté B Corps. Alors, que peuvent faire les entreprises, ou comment les entreprises, les décideurs politiques et les universitaires peuvent-ils travailler ensemble pour agrandir le forum de discussion, un peu comme une tente avec un toit, mais sans murs?

Je pense que c’est ce qui se passe dans le cadre du Forum pancanadien sur l’avenir énergétique. La Commission de l’écofiscalité du Canada a proposé une plateforme de discussion et d’exploration des questions relatives à l’énergie et aux ressources renouvelables. Smart Prosperity est un autre forum qui réunit une multiplicité de voix.

Dès que vous dites : « Nous sommes ici pour résoudre un problème épineux et nous allons nous concentrer sur une solution plutôt que de critiquer les nombreuses façons qui nous ont amenés ici », cela nous donne un meilleur point de départ pour sauter le pas et apprendre de pays comme le Danemark, l’Inde ou la Chine, ou de tout autre pays où émergent de nouvelles connaissances.

Le niveau de confiance dans les institutions est en baisse. Impliquer les gens dans la solution, les faire participer à la transition qui les affectera directement, c’est renforcer la volonté d’aller de l’avant.

L’avantage est de créer le pont qui dit à ceux qui possèdent des connaissances plus anciennes : « Vous offrez des points de vue précieux. Venez travailler avec nous sur le terrain pour concevoir cette transition, cette transformation au niveau du quartier ».

Ressources supplémentaires 

Sur le Danemark

Karnøe, P. et Garud, R. 2012. Path creation: Co-creation of heterogeneous resources in the emergence of the Danish wind turbine clusterEuropean Planning Studies, 20(5), 733-752 

Peter Karnoe écrit : « Voici les détails du collectif à l’origine de l’énergie éolienne au Danemark. L’histoire commence à la page 736. »

Doganova, L. et Karnoe, P. 2015. Clean and profitable : Entangling valuations in environmental entrepreneurship. In A. B. Antal, M. Hutter et D. Stark (Eds.), Moments of valuation: Exploring sites of dissonance. Oxford University Press.

Peter Karnoe écrit : « Ce document décrit l’approche entrepreneuriale typiquement danoise – qui associe les préoccupations environnementales, les mesures prises par les entreprises et la réglementation de l’État – appliquée au lisier de l’agriculture animale. Le document retrace les efforts déployés entre 2007 et 2015. L’effort a échoué parce qu’il était en avance sur son temps, ou du moins sur le prix du CO2 approprié pour l’agriculture. L’agriculture n’a été incluse que récemment dans l’engagement du Danemark à réduire les émissions de CO2, dans le cadre de l’Accord de Paris. »


Ressources Additionnelles